Depuis quand et pourquoi avez-vous décidé de vous consacrer en particulier à l'ostéopathie du sport ?

Je pratique l’ostéopathie du sport depuis bientôt 20 ans.


Comment êtes-vous devenu ostéopathe du sport ?

J'ai tout d’abord commencé à suivre des coureurs, principalement de longue distance, marathon, trail et ultra trail et puis très vite, pratiquant la voile sur dériveur en championnat national et international, j’ai pu traiter d’autres navigateurs ce qui est toujours le cas actuellement. C’est donc par intérêt et pratique du sport que je suis tombé dedans.


Comment peut-on se représenter votre lieu de travail ? Dans votre cabinet ou sur le lieu d'entraînement/de compétition des athlètes que vous suivez ? Intervenez-vous en amont et en aval des entraînements, voire pendant ?

Ma première expérience olympique fût les JOJ de Lausanne 2020 où j’ai été mandaté pour monter un team ostéo pour les JO de la Jeunesse, une expérience incroyablement enrichissante. J’ai récemment participé aux Jeux Olympiques Milano-Cortina 2026 en février. J’étais posté à Milan à la patinoire pour le hockey et le patinage de vitesse. Être sur le terrain est le meilleur moyen de promouvoir l’ostéopathie.
Dans le sport de haut niveau les athlètes ne laissent rien au hasard, tout est préparé, calculé, entraîné afin de prévenir des blessures au maximum et d’être au top. c’est certain que notre pratique varie en fonction du sport pratiqué et nos techniques sont adaptées aux pathologies liées au sport en question. Mon cabinet ressemble à n’importe quel autre cabinet. Je n’ai pas d’installation particulière. Les patients viennent me voir pour mon expertise dans le domaine du sport. J’interviens avant, pendant et après les entraînements ou les compétitions, tout dépend du calendrier de celles-ci. Cela demande une grande flexibilité et une adaptabilité à toutes les circonstances.

Dans quelle mesure les demandes/besoins des athlètes de haut niveau diffèrent-ils de ceux dans le sport populaire, même de compétition ?

Les athlètes de haut niveau sont extrêmement précis et exigeants dans leur demande, ils connaissent parfaitement leur corps, leurs points forts et leurs points faibles et travaillent en fonction de ceux-ci afin de constamment s’améliorer. Ceci nous pousse à un rapprochement avec les autres professionnels travaillant dans le domaine du sport, médecin, physiothérapeute, psychologue, diététicienne, et d’autres… Ce sont des échanges et des partages qui sont extrêmement intéressants et constructifs. C’est comme cela maintenant que l'ostéopathie fait pleinement partie du paysage du sport de haut niveau en Suisse. Ça a été un travail minutieux de longue haleine pour faire comprendre ce qu’est l’ostéopathie, comment nous pratiquons, à quoi ça sert et les résultats que nous pouvons obtenir. C’est sans aucun doute, un travail d’équipe !


En Suisse, le sport populaire porte bien son nom. La plupart des Suisses pratiquent au moins un sport et ce aussi en compétition. Actuellement, le trail, le triathlon, le marathon, par ex. ont la cote. Cette tendance est-elle perceptible pour les ostéopathes du sport? Et si oui, dans quels sports ? Et comment ?

Le sport populaire en Suisse est effectivement très développé, énormément de gens le pratique. Nous remarquons une nette tendance à la pratique principalement de la course à pied sous toutes ces formes/modes et plus récemment du triathlon. La course à pied est un sport facilement accessible à tous, on enfile son short et une paire de baskets et c’est parti!
Les organisateurs des courses populaires l’ont très bien compris en proposant plusieurs distances/formules pour attirer un maximum de monde à bouger. Dans le domaine du triathlon, par exemple, les organisateurs proposent une formule découverte, une demi-distance olympique ou la distance olympique ainsi que des séries par équipe. Il favorise ainsi l’accessibilité au plus grand nombre.


La Fédération Suisse d'Ostéopathie met actuellement en place une Community of Practice (CoP) Ostéopathie & Sport. Dans le cadre de cet article pour le rapport annuel 2025, votre collègue Karine Huber nous explique que cette CoP a notamment pour objectifs de promouvoir l'innovation et de favoriser l'échange professionnel. Que va apporter selon vous cette initiative dans vos domaines d'activité ?

La Community of Practice ostéopathie et sport de notre fédération a pour but de réunir les ostéopathes suisses pratiquant davantage dans le domaine du sport. Cela nous permettra un certain rapprochement entre nous et un développement des relations avec les autres professionnels de la santé travaillant dans le domaine.
Notre groupe a aussi pour but de pouvoir et d’offrir un programme de formation continue adapté et orienté sport. Il est indispensable de former des praticiens qualifiés et certifiés. Mon souhait à moyen et long terme serait que nous ayons en Suisse un CAS dans le domaine de l’ostéopathie du sport afin d’asseoir notre légitimité par rapport aux autres professionnels travaillants dans le domaine du sport de haut niveau.

Vive le sport, vive le mouvement pour tous !


Interview : Caroline Brennecke Traductions & Rédactions / Avril 2026

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